Pourquoi j’meurs tout l’temps, Anaïs Airelle

C’est le 15 et c’est le jour de la Recrue du Mois.

Voilà un récit particulier à la toute marge de la fiction. On les appelle les marginaux ou les SDF en France et les squeegees ou les itinérants au Canada. Ils ont en commun de vivre dans la rue, en marge de la société.

anais airelle, pourquoi j'meurs tout l'temps

On suit l’histoire d’une jeune femme qu’on ne connaîtra que sous le nom de la petite et plus tard sous le surnom d’Abricot. C’est une personne minée par la colère envers la société et les injustices sociales qu’elle produit. La petite va vivre dans la rue à Montréal, Vancouver, Victoria, Montréal encore, puis l’Europe avec Paris, Genève, la Slovénie et de nouveau la France avant un retour au Québec. Le récit est court mais est riche en rencontres diverses : sans abris, drogués, malades mentaux, paumés, abîmés de la vie, philosophes de comptoir. Tous ont en commun de ne pas être adaptés à la norme sociale en vigueur.

Le livre ne s’attarde pas sur le pourquoi de la vie dans la rue mais revendique une description du comment. Comment se réchauffer quand il fait -20 degrés la nuit ? comment échapper à une police avide de réaliser ses chiffres d’arrestations et d’expulsions ? comment trouver un endroit où dormir dans une grande ville ? comment faire pour rester sain d’esprit ? Et surtout, comment continuer à vivre ?

En plus de la vie dans la rue, il est aussi question de formes particulières de marginalité : les communautés écolos comme celle que visite la petite près de Vancouver et les communautés autogérées comme celle où la petite trouvera une certaine paix d’esprit.

Avec pourquoi j’meurs tout l’temps, Anaïs Airelle donne la parole aux sans-voix. Rares en effet sont les romans à traiter du sujet de l’itinérance. En tout cas, c’est le premier que je lis. C’est un livre unique qui tient plus du témoignage que de la fiction. Le parti pris est assumé. Le livre souligne avec justesse que les sociétés occidentales sont loin de répondre aux besoins de tous. Et que ceux qui ne peuvent pas s’adapter en paient le prix. Il s’agit d’un livre engagé qui ne fait pas dans la dentelle. Il y a d’ailleurs un certain mépris pour les gens dits normaux que j’ai trouvé mal à propos, comme si seules les personnes vivant dans la rue étaient des victimes. Mais bon, le livre n’est pas là pour mettre le doigt sur les bobos des gens normaux.

En ce qui concerne l’écriture à proprement parler, j’ai aimé la narration à 2 voix : celle d’un narrateur et celle du personnage principal, la jeune fille. Cela donne une saveur propre à ce roman, entre lucidité, revendication et poésie.

4etoiles

Allez lire les avis des membres de la recrue du mois sur cet ouvrage.

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4 réflexions au sujet de « Pourquoi j’meurs tout l’temps, Anaïs Airelle »

  1. Intéressant comme recension.
    Note que Écosociété ne publie jamais de romans ni de récits..
    C’était une exception.

    Maintenant que tu en a glisser un mot : ça m’intéresse comme lecture.

    J’espère que tu continueras à blogger.

    Ne lâche pas.

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    1. En effet, je ne l’ai pas précisé mais Ecosociété ne publie habituellement pas de récit. Mais celui-ci est très inspiré de la propre vie d’Anaïs Airelle. Il a donc valeur de témoignage.
      Je vais bien sûr continuer à bloguer, je ne lâche pas. Tant que je trouve le temps de lire, ça devrait aller. Merci.

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