Toutes ces choses qu’on ne s’est pas dites, Marc Lévy

C’est la première fois que je lis un livre de Marc Lévy. Comment ai-je pu jusqu’à maintenant échapper à cet auteur de best sellers ? Nul ne le sait…

On entre dans la vie de Julia quelques jours avant son mariage alors qu’elle est en pleine séance d’essayage de robes de mariées en compagnie de Stanley son meilleur ami gay. C’est alors qu’elle apprend que son père avec qui elle n’entretient que de vagues relations vient de mourir et que ses funérailles auront lieu le jour du mariage. La cérémonie est donc annulée. Quelques jours plus tard, des livreurs déposent chez Julia une énorme caisse. Quand elle l’ouvre, elle tombe nez-à-nez avec un robot hyper-réaliste au physique de son père qui lui annonce qu’il est là pour l’aider à faire son deuil et répondre à ses questions à propos de ce père qu’elle ne connaît pas. Mais le temps est compté car le robot a une autonomie de 6 jours seulement. Julia va-t-elle suivre son instinct et envoyer promener ce père qui est resté pour elle un inconnu et se marier comme prévu ?

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Voilà le point de départ de ce roman qui mêle science-fiction et romantisme gnan-gnan. Le livre est en fait le questionnement d’une femme dans la trentaine bien installée dans une vie professionnelle couronnée de succès mais qui est demeurée la petite fille fragile au père absent. C’est un livre qui se veut l’analyse d’une remise en question : ai-je fait les bons choix ? suis-je restée fidèle à mes idéaux de jeunesse ? ai-je vraiment tout fait pour être heureuse ? Tout cela se passe sur une toile de fond qui nous fait voyager à New-York, Montréal, Paris, Berlin et Rome. Des destinations romantiques et à la mode.

Le déroulement de l’histoire est parfaitement convenu mais je me suis laissé prendre à la lecture. On ne se pose pas de questions, on se doute de l’issue du livre mais on prend du plaisir à le lire quand même. Les personnages sont des modèles connus, sans pour autant tomber complètement dans la caricature. Ce n’est certes pas subtil mais il n’y a ni fioritures ni éléments inutiles, l’écriture est au service de l’histoire. Toutes ces choses qu’on ne s’est pas dite a été écrit pour le cinéma. Il n’y a rien à retoucher pour finaliser le scénario, même les dialogues sont déjà réglés au millimètre près.

Marc Lévy est indéniablement un auteur qui sait répondre aux attentes de nombreux lecteurs.

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13 réflexions au sujet de « Toutes ces choses qu’on ne s’est pas dites, Marc Lévy »

  1. Il me semble qu’il a été consacré meilleur auteur en France en 2008… suivi par Guillaume Musso. Je les compare un peu à Douglas Kennedy… J’ai lu un livre de chacun de ces auteurs et je pense qu’ils sont bons dans le simple et divertissant!

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  2. Le plaisir de lire du Levy est dans la fluidité de son écriture il me semble.
    Il sait aussi maintenir « un suspens » lié à l’histoire romantique en toile de fond.
    Mais qu’appelez vous un romantisme gnan-gnan ?
    (je crois que les femmes sont plus sensibles que les hommes à sa plume)

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  3. Jules : meilleur auteur je ne sais pas mais meilleur vendeur certainement. Marc Lévy a du talent pour rejoindre un large public. Je ne connais pas Douglas Kennedy mais la comparaison que tu fais avec Guillaume Musso me semble juste.

    Reine des pommes : ça se lit bien et le suspense est au rdv, en effet. Ce que j’appelle romantisme gnan-gnan c’est l’histoire de la fille qui rêve encore à son amour de jeunesse plus de 15 ans après et qui entreprend des recherches pour retrouver sa trace. Mais peut-être que je suis trop terre à terre ? ou que ma sensibilité masculine demeure froide ? 😉

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  4. Il est tellement culturellement correct que de se moquer de Marc Levy que je salue ton courage, Phil. Mon avis est que ce genre d’écrivain est indispensable que de toute façon, s’il n’existait pas, un autre aurait sa place.
    Par ailleurs, j’ai lu « et si c’était vrai » au début de ce siècle et je n’en garde pas un si mauvais souvenir.

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  5. Loïc : merci mais ça ne prend pas un bien grand courage d’écrire ça sur mon coin de blog. Alors qu’un journaliste de Télérama ou du Monde pourrait y laisser sa carrière de critique littéraire !
    Plus sérieusement, je pense qu’un auteur qui vend des milliers de livres possède un certain talent. Il est courant en France de cracher sur ceux qui obtiennent du succès. On va alors l’accuser de faire du commercial ou de la littérature de bas niveau. Alors même que les libraires et les éditeurs y trouvent leur compte. Le plus important, c’est que les gens prennent le temps de lire un livre. Et si je dois en juger par ce livre, Marc Lévy sait captiver ses lecteurs.

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  6. Marc Levy (que je n’ai jamais lu) apporte quelque chose à ses lecteurs, sans aucun doute, et je ne nierai pas le plaisir qu’on peut prendre à ce genre de lectures. Mais un amateur de littérature et un critique littéraire ont d’autres attentes dans la lecture qu’un simple divertissement vite oublié, qui ne répond pas au besoin de mieux comprendre le monde. Ces écrivains vendeurs ne font que regarder la surface, souvent avec des histoires auxquelles on s’attache parce qu’ils ont, incontestablement, un talent de conteur. La vraie littérature nous aide à vivre et transforme notre vie, c’est quand même autre chose que d’avoir passé quelques bonnes heures de plaisir (que je ne dénigre pas, encore une fois).

    Pour conclure, je dirai que chaque lecture nous apporte, à un moment donné, ce qu’on lui demande. Et quand on rentre du travail, on n’a pas forcément la tête à lire des chef-d’oeuvre classiques tous les soirs.

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  7. Marielle : vrai pour le critique littéraire mais seulement dans une certaine mesure. Car pourquoi les critiques littéraires et leurs publications publient-ils des critiques sur des auteurs spécialisés dans le divertissement si c’est un genre littéraire à part ? Par sadisme ? Peut-être. Mais c’est surtout parce qu’ils savent que leur lectorat, sans doute des amateurs de littérature, lit aussi des livres pour passer le temps, pour le simple divertissement. Et un bouquin de Marc Lévy, c’est de l’actualité, c’est un événement qui fait vendre du papier. Qu’on aime ou non, on se doit d’en parler.
    Je suis d’accord avec toi que chaque lecture répond à des attentes différentes. Je suis moi-même plutôt éclectique dans mes lectures. Mais je n’irais pas jusqu’à parler de « vraie littérature ». Même si je fais la différence entre les intentions et les ambitions littéraires de Marie-Claire Blais, Jonathan Littell, Éric-Emmanuel Schmitt et Guillaume Musso, je me demande qui fixe les critères de la « vraie » littérature. Ne nous voilons pas la face, le livre est quoiqu’on en dise de moins en moins un objet d’art et de culture et de plus en plus un produit. Le monde de l’édition est un véritable secteur économique avec son marketing, ses plans de communication, ses points de vente spécialisés, ses émissions littéraires et ses profits. On peut mettre là-dessus tout le vernis culturel qu’on veut mais le but est de publier des livres qui vont se vendre et si possible au plus grand nombre. Alors on positionne et on « markète » les auteurs et leurs livres dans des collections pour qu’ils se vendent mieux auprès d’un public cible. Et en ce sens, les amateurs de littérature sont une cible comme une autre. On leur vend de la « vraie littérature ».
    Cela dit, je ne nie pas qu’il y a tout un pan de lecteurs et d’éditeurs passionnés par la littérature au sens noble, en tant qu’art. Mais l’élitisme littéraire vire souvent au snobisme. C’est agaçant.

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  8. L’élitisme ne me choque pas. De quoi s’agit-il, sinon de signaler que tous les livres ne se valent pas, et de vouloir contrebalancer cet effet de « produit », qui consiste, de la part des marchands de livre, à promouvoir tout et n’importe quoi pour faire vendre du papier ? L’élitisme redonne aux livres leur juste valeur littéraire. Parce que, oui, il existe une vraie littérature, « différente dans ses intentions et ses ambitions » (c’est toi qui le dis !)

    Pour ce qui est de l’éclectisme dans les lectures, tout à fait d’accord avec toi. Bien que j’aie l’impression, inquiétante, de lire désormais beaucoup plus de livres insignifiants depuis que j’ai eu la curiosité d’aller vers des livres grand public.
    C’est plus facile d’aller vers la facilité, de lire les dernières sorties pour se faire une opinion, et de pouvoir en parler sur son blog (je parle de moi, là), que de se plonger dans des oeuvres difficiles dont on ne saura pas quoi tirer dans l’immédiat. Le vernis culturel est là : vouloir se tenir au courant.

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  9. Je ne suis pas contre l’élitisme non plus. Je le préférerai toujours à un égalitarisme qui tire vers le bas. Je m’insurgeais juste contre ses dérives. Donc c’est l’intention de l’auteur qui détermine si c’est de la vraie littérature ou pas ? Gardons cette définition faute de mieux.
    Je suis incapable de suivre le rythme de publication des nouveautés. Par manque de temps car accessoirement, je travaille 😉 Les phénomènes de rentrée littéraire et de saison d’annonce des prix littéraire me laissent de glace. L’industrie de l’édition produit sans relâche et je perçois une suroffre de livres. J’ai renoncé à me tenir au courant comme tu le dis si bien. Je lis des livres qui m’intéressent (pour des raisons différentes) et je cherche à découvrir des auteurs que je ne connais pas (une petite pub en passant pour la Recrue du Mois).

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  10. Beaux échanges. Vraiment. Est-ce que l’on pourrait parler de « vraies » échanges 😉

    Il y a de la littérature de tous les genres et pour tous les goûts. Si on s’aventure à perler de plus « littéraire », on s’embarque dans tout un bateau et qui sera le capitaine qui déterminera la frontière séparant le vrai du moins vrai. Attention, changement de cap, à bâbord toute, on traverse la frontière du vrai …

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