La route des petits matins, Gilles Jobidon

L’intérêt de participer à un défi de lecture comme BiblioLys, c’est que ça me donne l’occasion de lire des livres vers lesquels je ne serais pas allé spontanément. Parfois on a de bonnes surprises. Mais dans le cas de la route des petits matins, il s’agit plutôt d’une déception.

Ce livre raconte l’itinéraire d’un jeune Vietnamien qui fuit Saigon, une ville vite rebaptisée Ho-Chi-Minh-Ville en 1975 lorsque les communistes en ont pris le contrôle. Obligé de quitter l’école, son père décédé, vivant d’expédients, il quitte avec deux amis sa famille, son quartier et surtout son bienfaiteur le marchand de thé. Nous les suivrons entre les mains d’un passeur qui leur fait quitter le Vietnam, traverser le Cambodge pour finir dans un camp de réfugiés en Thaïlande. En attendant qu’un pays veuille bien de ces réfugiés vietnamiens…

Présentés comme ça, le livre est séduisant. Mais j’ai bloqué sur le style employé par Gilles Jobidon. Le narrateur s’adresse au personnage principal pour décrire ce qui se passe. C’est un style qui donne par exemple : « Tu t’es levé ce matin et tu as pris ton petit-déjeuner ». Je n’ai jamais aimé ce style de narration et la lecture de la route des petits matins me l’a confirmé. Autre point qui m’a dérangé, c’est le style poétique de l’écriture. Des phrases courtes, souvent imagées. Au risque de faire un mauvais jeu de mot, ce n’est pas ma tasse de thé.

Le livre est court et se lit bien malgré les points négatifs cités plus haut. Il saura plaire aux lecteurs qui ont envie de se laisser envoûter par les charmes de l’Orient et d’en apprendre un peu sur le parcours des réfugiés vietnamiens.

La route des petits matins aura été pour moi une lecture plus légère, ce qui est agréable, mais aussi anecdotique.

9 réflexions au sujet de « La route des petits matins, Gilles Jobidon »

  1. Tout un roman à la deuxième personne du singulier, et vous avez tenu ! C’est de l’héroïsme. Comme vous, je supporte mal cette façon d’être embarqué dans un récit où le « tu » nous laisses terriblement étranger, presque indiscret.

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  2. Justement dans le cadre de Bibliolys, j’ai sur ma liste ce roman dont on m’a parlé en bien, notamment concernant l’écriture si particulière. Je vois que ça ne fait pas l’unanimité! Mais ce livre pique néanmoins ma curiosité.

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  3. @ Georges : le livre est court ce n’est donc pas de l’héroïsme. Tout au plus de la persévérance.
    Vous mettez le doigt sur un point clé : ce mode de narration exclut le lecteur. On se sent un peu voyeur de se retrouver immiscé dans un échange qui ne nous concerne pas a priori. C’est sans doute pourquoi je ne me suis pas senti « aspiré » dans ce roman et son univers particulier comme ça m’arrive régulièrement avec les livres que je lis.

    @ Danaée : tu as raison d’être curieuse. Je n’ai fait que donner mon opinion et je ne veux surtout pas décourager quelqu’un de lire !

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  4. J’ai lu « Tarquimpol » au tu et j’ai bien aimé. Il faudrait que je réessaie, après tout c’est peut-être Serge Lamothe qui avait le tour de le faire. Évidemment, je me suis sentie moins impliquée au niveau émotif mais cela ne m’a pas dérangée.

    Mais là, je vais faire ma curieuse pour ne pas dire ma « coucoune », je ne comprends pas le « au risque de faire un mauvais jeu de mots ». Je cherche et je cherche le possible jeu de mots et ne l’ai jamais trouvé. Svp ???

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  5. Ah ! Il y avait un paragraphe entre les deux « thé », un fossé quand on lit à la rapidité de l’éclair. On lit peut-être trop vite, la gourmandise, que voulez-vous, il y a tant de blogues, tant de livres, tant de lecteurs !

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  6. Je partage ton opinion sur ce livre. C’est lassant de lire un hommage aussi long à un individu même s’il fuit son pays avec tous les dangers afférents. En lisant ce roman, je me suis dit que l’auteur était un homosexuel. Quelques mois plus tard, il le révélait à un interviewer. Bref, l’auteur trip sur un Asiatique.

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  7. @ Paul-André : c’est un peu court de résumer le livre en disant que « l’auteur trip sur un Asiatique ». C’est beaucoup plus profond que ça.

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  8. J’en ai tellement lu des bouquins et celui-ci m’a laissée un souvenir très agréable. Un livre qui se lit au second niveau, avec ses nombreuses figures de style. Il faut aimer le style poétique, il est essentiel de l’avouer.

    Brianna

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