Les étoiles de Compostelle, Henri Vincenot

Tout de suite après la billebaude, j’ai enchaîné avec les étoiles de Compostelle, troisième roman de mon livre rassemblant plusieurs œuvres d’Henri Vincenot. Est-ce une bonne idée d’enchaîner deux livres du même auteur ? Rarement. J’ai aimé les étoiles de Compostelle mais j’y ai vu trop de similitudes avec les deux romans précédents pour l’apprécier pleinement.

Vincenot, éditions Omnibus

Et pourtant, la rupture est assez nette en apparence. Les étoiles de Compostelle emmène le lecteur au Moyen-âge, bien des siècles plus tôt que pour le pape des escargots et la billebaude. L’action se situe toujours en Bourgogne. Mais ma lassitude est venue du fait qu’Henri Vincenot utilise un ressort similaire aux deux autres romans que j’ai lus, à savoir un jeune homme parvient à l’âge adulte et se voit révéler par un ancien la connaissance et les traditions qui sont ignorées de la masse populaire. Les portes de la Connaissance s’ouvrent à lui.

Le jeune homme en question s’appelle Jehan le Tonnerre. C’est un parsonnier qui vit dans une communauté chargée de défricher les terres d’un seigneur. En échange de ce travail, la communauté peut rester sur les terres du seigneur sans que celui-ci ne lève de taxes ou n’exige des corvées de leur part. Sur ces terres vit un vieil homme singulier que les autres appellent le Prophète par raillerie. Ce Prophète part en effet dans de longues tirades sur les origines celtes de la religion chrétienne.

Un beau jour, une équipe de moine s’installe à proximité de la communauté. Ils sont bientôt rejoint par des travailleurs spécialisés dans différents corps de métier. Attiré par la nouveauté, Jehan finit par quitter sa communauté pour rejoindre ces maîtres bâtisseurs, les compagnons du devoir. Il apprendra le métier de charpentier et une fois le chantier de l’abbaye terminé, il accompagnera le Prophète sur le chemin du pelerinage de Saint-Jacques de Compostelle.

Résumer les étoiles de Compostelle n’est pas aisé car le récit compte deux temps. Le premier autour de l’abbaye en construction et le second sur la route de Saint-Jacques de Compostelle. Dans les deux cas, Jehan se verra révéler les secrets de la construction des églises (le nombre d’or, la divine proportion, les voûtes et les signatures des compagnons) et de l’origine celtique de certaines croyances chrétiennes.

Finalement, le thème des étoiles de Compostelle est très proche de ceux présents dans la billebaude et dans le pape des escargots. Le livre se lit bien, on se laisse prendre à l’histoire. Mais je suis resté sur ma faim parce que je n’ai pas trop vu où Henri Vincenot voulait en venir sinon nous dire que le christianisme est un syncrétisme et ouvrir au lecteur les portes du monde des compagnons du devoir. Le livre n’est pas mauvais, il se laisse lire mais il est temps pour moi de faire une petite pause d’Henri Vincenot.

Du même auteur : le pape des escargots et la billebaude

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4 réflexions au sujet de « Les étoiles de Compostelle, Henri Vincenot »

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