Trilogie new-yorkaise, Paul Auster

Quand j’aime bien un livre d’un auteur, j’essaie d’en savoir un peu plus en m’attaquant à un autre de ses ouvrages. Je l’ai fait récemment pour Guillaume Musso (déception confirmée) et pour John Steinbeck (surprise teintée de déception). Je l’avais fait il y a quelques années avec Émile Zola après avoir lu L’œuvre. J’avais alors poussé le vice un peu loin en lisant avec un énorme plaisir la totalité des Rougon-Macquart. Les éditions Bouquins me remercient encore, mes parents un peu moins car ça prend de la place chez eux. J’ai lu il y a quelques mois mon premier Paul Auster avec La nuit de l’oracle que j’avais globalement apprécié. Peu de temps après cette lecture, j’étais allé m’acheter un autre roman du même auteur, en l’occurrence Trilogie new-yorkaise. Roman que je viens de terminer.


Ce livre rassemble trois histoires. La première s’intitule Cité de verre et met en vedette un écrivain de polars. Celui-ci se voit confier une enquête suite à un quiproquo : on le contacte en pensant qu’il est un détective privé. Son travail consiste à protéger un jeune homme qui avait été enfermé dans une pièce obscure une bonne partie de son enfance par son père devenu fou. Le père a purgé sa peine et l’épouse du jeune homme craint qu’il ne cherche à faire du mal à son fils pour se venger des années passées en prison. Le faux détective va enquêter sur le père et prendre très à cœur sa mission.
Dans Revenants, le deuxième roman, nous suivons un détective privé, un vrai celui-ci, dont la mission consiste à observer les faits et gestes d’une personne et d’envoyer des rapports réguliers à la personne qui l’a embauché. Or on ne sait pas grand-chose de son employeur qui tient à rester anonyme mais qui lui a demandé de se consacrer exclusivement à cette tâche. La personne à surveiller s’avère être un écrivain dont le quotidien est assez monotone. Il s’agit donc d’une tâche peu passionnante pour un détective habitué à un peu plus d’action.
Enfin, le troisième roman, la Chambre dérobée, met en scène un homme contacté par la femme de son ami d’enfance. Celui-ci est écrivain et a récemment disparu et avait demandé à ce que ses écrits soient confiés à son ami pour qu’il juge de leur valeur littéraire. Il s’avèrera que ses romans, ses poèmes et ses pièce de théâtre sont dignes d’être publiées et le seront. Le narrateur recevra une mystérieuse lettre lui apprenant que son ami disparu n’est en fait pas mort contrairement à ce que tout le monde croyait.

Comme je l’avais souligné à la lecture de La nuit de l’oracle, les histoires des romans de Paul Auster ne sont pas formidables quand on doit les résumer. Trilogie new-yorkaise ne déroge pas à cette règle. New-York joue finalement un rôle effacé dans le roman. Ce livre repose d’abord sur le ressort du psychologique. L’auteur possède un véritable talent pour entrer dans la tête des gens et rendre compte de leur état d’esprit. Paul Auster est un raconteur d’histoire hors pair : en deux pages le décor est posé et on embarque dans l’histoire. Il a également un certain talent pour perturber le lecteur. La lecture de Trilogie new-yorkaise est dérangeante. Je me suis senti un peu mal à l’aise durant certains passages. Rien de scabreux mais les réactions des personnages ont parfois de quoi surprendre. Paul Auster s’amuse aussi à bousculer le lecteur en jouant avec l’identité de ses personnages. L’identité est d’ailleurs le thème commun aux trois romans de Trilogie new-yorkaise. Serions-nous les même si on quittait tout ce qui fait notre quotidien ? Ne serait-on pas tenté de prendre une autre identité ? Ce thème est déjà présent dans La nuit de l’oracle dans un des romans du narrateur. Son héros quittait d’un seul coup sa femme et la ville où il vit pour s’installer ailleurs et prendre une nouvelle identité.

Décidément, je n’arrive pas à déterminer si Paul Auster est brillant ou s’il ne fait que jouer avec le lecteur via des mises en abyme perpétuelles. L’histoire de l’écrivain qui écrit des livres commence à être un peu répétitive à mon goût. Je n’arrive pas encore à me faire une opinion. Je vais devoir lire un autre roman de Paul Auster : des suggestions ?

Ma note 4/5.

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13 réflexions au sujet de « Trilogie new-yorkaise, Paul Auster »

  1. Merci pour la suggestion Mouette. C’est amusant, une autre personne m’a également conseillé Léviathan. J’hésite avec Brooklyn Follies, que j’ai failli acheter chez Renaud-Bray l’autre jour. Mais je vais faire une petite pause dans Paul Auster pour le moment.

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  2. Bonjour,

    Je suis une grande fan de Paul Auster, j’ai lu (presque) tous ses livres. Si vous voulez continuer après votre pause austerienne, je vous conseille « Le livre des illusions » et « Mr. Vertigo ». « Brooklyn Follies » n’est pas mal du tout, mais à mon avis ce n’est pas un de ses meilleurs. J’ai beaucoup aimé son dernier roman traduit en français : « Dans le scriptorium », mais il faut avoir lu pas mal de ses livres pour bien le comprendre et l’apprécier, notamment : « Le voyage d’Anna Blume ». Ca tombe bien, c’est un des rares romans de Paul Auster que je n’ai pas lu… Frustrant ! 😉

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  3. je suis tout a fait d’accord avec toi, paul auster pourrait raconter n’importe quoi ça passerait quand même parce qu’il écrit si bien. Je te conseille vivement Mr Vertigo qui est passionnant

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  4. @ Bilou : merci pour la suggestion, c’est bien noté. C’est clair que Paul Auster est un narrateur passionnant à lire. Si un jour il se met à écrire un livre de recettes, je suis sûr qu’il sera bon 😉

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  5. Trilogie New-Yorkaise a été mon premier contact avec Auster, mais pas mon préféré. Quoiqu’il me reste de chemin à faire avant de me déclarer sur l’ensemble de son oeuvre.

    Cela dit, j’ai adoré Brooklyn Follies.

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  6. @ Mademoiselle Bis : ton commentaire me rappelle que je m’étais dit que je lirais bien d’autres livres de Paul Auster. Va falloir que je m’y remette. Merci pour ta suggestion.

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  7. J’ai commencé par Brooklyn Folies et j’ai tellement aimé que je me suis lancée dans la trilogie new yorkaise.J’ai lu les 2 premiers et j’ai été plutot déçue. Apres vérif, j’ai vu qu’il les avait écrit 20 ans plus tôt, tout s’explique…

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  8. Je suis en train de décider ma prochaine lecture… et à chaque fois que je ne suis pas sûr que lire, je fais un tour par ici pour prendre des idées. Alors Je viens de voir les commentaires sur Paul Auster et Henry Miller… et en lisant ceux de Auster j’ai pensé à un livre qui parle sur Brooklyn et que je pense que toi Philip pourrait aimer.
    C’est « Appelle Moi Brooklyn » de Eduardo Lago. Il est espagnol mais vit depuis longtemps à New York. J’ai beaucoup aimé le livre.
    Merci pour ton blog.

    Ricardo Robles

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  9. J’ai lu quelques livres de PA il y a déjà longtemps (Vertigo, La petite musique …, etc.) et j’avais gardé une haute idée de l’auteur. J’ai repris La Trilogie NY dont je n’avais qu’un vague souvenir et j’en suis à la moitié. Je le lis avec « l’énergie du desespoir » en me disant que quelque chose va bien finir par se passer…et bien non ! Monsieur Auster tire à la ligne avec brío et fait du ríen avec du ríen. C’est sans doute un art, mais j’ai surtout la sensation de me faire foutre de moi, un peu comme devant une toile absolument blanche exposée dans un musée de grand renom et signée par un indiscutable maître. Il y a un moment où l’on claque la porte de chez Louis Vuiton, on traverse la rue, on s’achète un Mc Do que l’on fourre dans une poche en plastic et on rentre chez soi voire une ânerie à la télé en se disant que 5 + 28 = 33 et que c’est bien comme ça.
    Note: 1/5

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