80 hommes pour changer le monde, Sylvain Darnil et Mathieu Le Roux

Personne ne peut nier que l’environnement et le développement durable sont des thèmes très actuels. Sylvain Darnil et Mathieu Le Roux sont des diplômés en commerce dans la vingtaine qui ont décidé de faire le tour du monde et de dresser un état des lieux des initiatives qui marchent. Ils ont rencontré pas moins de 80 personnes qui à leur échelle combattent les idées reçues et travaillent sur des projets innovants en matière d’environnement, de justice sociale et de lutte contre la pauvreté.

80 hommes pour changer le monde est un livre très intéressant. D’abord au niveau de la forme, il est bien fait. Les personnalités rencontrées sont classées par continents. Un index prat permet de naviguer par secteur d’activité. Les portraits sont présentés dans l’ordre chronologique du périple des deux globe-trotters. On sent qu’ils ont pris du plaisir à rencontrer les entrepreneurs. Leur récit est de plus agrémenté de quelques anecdotes de voyage qui rendent le tout agréable à lire.

Et sur le fond, ce livre réconcilie environnement et entreprise. Je suis persuadé qu’il existe un intérêt économique à fonctionner de manière écologique ou à lutter contre la pauvreté. Les entreprises n’ont pas que des défauts. Et surprise le développement durable n’est pas l’apanage des pays riches. Les pays pauvres sont riches de projets innovants et de réussites éclatantes.

Certaines des personnes interrogées sont relativement connues comme Yunus Muhammad, le fondateur bangladais de la Grameen Bank. Il est l’inventeur du micro crédit qui permet à des milliers de personnes d’obtenir des prêts pour de petites sommes, juste de quoi se lancer en affaires. Il a d’ailleurs obtenu cette année le prix Nobel de la Paix pour ses initiatives qui permettent de lutter contre la pauvreté. Il y a aussi Charney Dov, un montréalais d’origine qui a fondé la marque American Apparel. Il fabrique et vend avec succès des vêtements made in America alors que l’ensemble du secteur textile américain s’est expatrié dans les pays à bas coûts.

Personnellement mes préférés sont :

  • l’écoparc de Kalundborg au Danemark. Cette zone industrielle a un impact écologique réduit grâce à une gestion originale des déchets qui imite la nature. Les déchets d’une entreprise sont utilisés par une autre comme matière première ou comme source d’énergie. Un véritable écosystème où les entreprises ont un intérêt économique à collaborer.

  • Metabolix, une entreprise américaine qui travaille à la fabrication de bioplastique. Au lieu d’être produit à partir de pétrole, le plastique pourrait être produit naturellement par des enzymes et des bactéries. Et la matière première est du sirop de maïs. Le coût serait moindre à la fois au niveau énergétique et au niveau financier. Et surtout ce plastique est entièrement biodégradable.

  • l’économiste péruvien Hernando de Soto. Il a remarqué qu’une personne souhaitant créer une entreprise se heurtait dans son pays à un véritable mur bureaucratique. Les entrepreneurs avaient de plus toutes les peines du monde à faire reconnaître leurs titres de propriété pour obtenir un capital de départ. Ses fonctions de directeur de la Banque Centrale du Pérou lui ont permis de transformer les conditions économiques pour les entrepreneurs. Il est régulièrement invité de par le monde pour partager son expérience.

Un livre résolument optimiste. A lire absolument ! A voir aussi le site internet des deux auteurs.

Ma note : 5/5.

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