Sukkwan Island, David Vann

22mar10

Dans l’imaginaire américain, un jeune homme est considéré comme un vrai homme par son père quand celui-ci lui propose de partir à la pêche avec lui. Mais que se passe-t-il quand un père dépressif convainc son fils ado de 13 ans à peine remis du divorce de ses parents de l’accompagner pendant un an sur une île déserte de l’Alaska (Sukkwan Island) pour y vivre de chasse et de pêche ? Rien de bon, répondriez-vous. Et vous auriez raison.


Je n’en dirai pas plus sur l’histoire de cet excellent premier roman de David Vann car ce serait gâcher le plaisir des futurs lecteurs. A la lumière des premières pages du livre, je m’attendais à lire un roman initiatique sur fond de vie sauvage en Alaska. Mais il s’agit en fait d’un roman sur les réflexions intérieures de Jim, le père, et de Roy, son fils, et sur leurs relations faites de tensions et d’indifférence. Au lieu de rendre les deux personnages solidaires et de leur permettre de se découvrir l’un l’autre, la nature hostile va plutôt révéler les malaises respectifs de deux personnes qui ne se connaissent pas vraiment. Avec des mots simples, David Vann parvient à rendre compte d’une relation père-fils complexe. Face à un père qui représente un modèle branlant, le fils ne sait trop quelle attitude adopter. Le père, lui, est sourd aux interrogations de son fils. Mais ce père finira tout de même par reconnaître ses errements, bien tardivement et suite à de nombreuses épreuves.

En 200 pages à peine, Sukkwan Island est un roman percutant. Et malgré l’ambiance sombre et lourde de ce livre, c’est un thriller qu’il est impossible de lâcher une fois l’intrigue installée. Un roman à lire et un auteur à surveiller.

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4 Responses to “Sukkwan Island, David Vann”

  1. 1 Shana

    Je ne peux que noter après avoir lu ton avis très convainquant. De même, j’ajoute tout de suite ton blog, dont les découvertes littéraires sont passionnantes, dans mes favoris.

    • Ton commentaire s’était perdu dans les abysses des commentaires indésirables. Je ne comprends pas trop pourquoi. Merci pour les compliments ;-)

  2. Impossible à lâcher et il colle à la peau un moment….
    Sacrée claque !


  1. 1 Désolations, David Vann « Les livres que je lis : le blog de Phil

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