Rien de grave, Justine Lévy
Rien de grave est une autofiction par Justine Lévy. Rien de grave c’est elle qui le dit parce qu’elle cumule pas mal de problèmes comme elle le montre à travers son héroïne qui s’appelle Louise Lévy.

Le roman s’ouvre sur l’enterrement de sa grand-mère dont Louise était très proche. Louise est une écrivaine qui a pour papa un certain BHL. Son mari s’appelle Adrien et l’a quittée pour se mettre en couple avec la copine de son père (à lui). Ça ne vous dit rien ? Cette voleuse de mari s’appelle Paula dans le roman mais son vrai nom dans la vie est Carla Bruni et Adrien s’appelle en fait Raphaël. Et oui c’est lui le fameux Raphaël, 4 consonnes et 3 voyelles, chanté par celle qui deviendra Mme Sarkozy. Donc Justine/Louise se retrouve abandonnée parce que son mari a piqué la copine de son paternel. Pour ajouter un peu au mélodrame, cette histoire lui arrive juste après qu’elle se soit sortie d’une grave dépendance aux amphétamines (couplés avec des somnifères pour retrouver le sommeil). Et tout au long de cette période sombre, elle repensera à sa relation bancale avec Adrien et en particulier à cet épisode douloureux où elle avorte à 5 mois de grossesse, en partie pour faire plaisir à son mari qui est trop occupé à passer l’agrèg (qu’il loupera finalement). L’arrivée dans sa vie d’un certain Pablo parviendra t-elle à lui faire entrevoir de meilleurs jours ?
Rien de grave, on veut bien mais ça fait quand même pas mal de choses pour une personne.
J’ai été surpris par le ton du roman qui aurait pu être beaucoup plus violent. La narratrice ne règle pas ses comptes mais se raconte plutôt pour tirer un trait sur son passé. Rien de grave est un roman thérapeutique. On espère que Justine Lévy va mieux aujourd’hui.
Mais au niveau littéraire, il n’y a pas de quoi casser trois pattes à un canard. Ça se lit et il y a quelques formules bien senties ça et là mais on ne criera pas au génie. J’ai déjà lu des choses aussi bien sinon mieux écrites sur des blogs (ok surtout des blogs de filles mais c’est normal, les filles racontent mieux leurs émotions que les garçons). Rien de grave est un livre qui va vous faire passer le temps.

Filed under: Littérature française | 20 Comments
Tags: autofiction, BHL, Carla Bruni, Justine Lévy, Paris, rien de grave, Sarkozy

“les filles racontent mieux leurs émotions que les garçons” ?? ah bon ?
@ Émeraude : oui de manière générale, c’est ce que je constate.
je l’ai lu, et oui, c’est assez bof bof… et sur les émotions… c’est vrai ? Mais ne crois tu pas que les garçons sont plus sincères (je veux dire que les filles “habillent” plus ce qu’elles disent)?
@ Amanda : je vois ce que tu veux dire quand les filles “habillent” ce qu’elles disent. Elles ont peut-être plus tendance à se mettre en scène. Et justement c’est ce qui fait que je trouve ça agréable à lire.
J’ai trouvé ce livre mou, aussi, sauf si l’on tient compte de l’actu, quoi. Carla et Nico, on parie sur combien de temps?
@ Fanette : j’avoue, je suis coupable, c’est par ricochet de l’actualité que j’ai lu Rien de grave.
Pour Carla et Nico, je parie sur marié longtemps mais ensemble moins longtemps
J’avais lu ce livre quand il etait sorti. On pourrait le rebaptiser “Rien de special”. Ce qui est interessant c’est qu’il a une 2eme vie depuis que Carla est la dame de Nicolas.
@ fab : en effet rien de spécial ça résume bien ce qui m’est resté une fois le livre refermé. Moi aussi j’ai succombé à la curiosité pipole…
Je l’ai lu à sa sortie de manière distraite. Un peu comme si j’avais été en train de feuilleter un magazine piiipole dans le train. A vrai dire je ne crois pas que ça mérite meilleur traitement (d’ailleurs l’honnêteté m’impose de préciser que quelques années après je l’ai presque TOTALEMENT oublié).
Et bien, les commentaires sont unanimes on dirait…
Le livre m’a beaucoup plu et j’ai été surpris de voir à quel point le compagnon de ‘Louise’ a été misérable.
Il y a beaucoup de gens qui critiquent le ‘niveau littéraire’ de ce livre. Or, ce qui compte n’est pas forcement la façon dont il est écrit, mais son contenu et ce qu’il peut apporter. Il existe des millions de livres écrits avec un français complexe et tordu qui au bout du compte, ne servent qu’à rassembler des intellos pathétiques dans une soirée branchée parisienne.
@ Daniel : mettons les choses au clair, je suis loin des soirées branchées parisiennes, autant physiquement que dans l’esprit.
Quand j’écris ici qu’un livre ne m’a pas plu, ça ne veut pas dire qu’il déplaira à tout le monde. Et heureusement !
Pour en revenir spécifiquement à Rien de grave, vous admettez implicitement qu’il n’est pas très bien écrit (et je conteste le fait qu’un livre peut être mal écrit et bon). Mais le contenu lui non plus n’apporte pas grand chose. Bien sûr l’histoire est triste. Le fait que ce soit du vécu rajoute sans doute une pointe de réalisme. Celui qui fut son conjoint a tout du salaud. Mais n’avez-vous pas eu envie de dire “bof” en refermant le livre ?
Je viens juste de le terminer.. très en retard sur l’actu mais c’est mieux ainsi…Ce n’est peut être pas de la litterature conformiste mais c’est un livre très bien écrit, le style est rapide, emporté, juste, vrai et moderne. J’ai aimé sa description du vide, ses souffrances jamais larmoyantes, et son presqu’humour sur elle-même.
C’est une belle personnalité, une belle sensibilité,
et c’est ce que je retiens avant tout.
Chers Justine.Je ,Alex!Je voudrais parler avec vous de Raphael Enthoven.Eto très important.
Écrivez-moi e-mail.ulyana_ceitlina@mail.ru
Un roman dont l’air de rien je garde un souvenir pas si mauvais alors que sur le coup j’avais trouvé ça anecdotique.
Justine Levy vient de sortir un nouveau roman ‘mauvaise fille’ et je serais presque disposer à le lire.
Je ne ferme pas la porte à Justine Lévy. D’ailleurs le roman dont tu parles vient de passer la deuxième sélection du Goncourt 2009. C’est qu’il ne doit pas être mauvais.
Petite question rapide pour Phil.
Que penses-tu des romans qui mettent la face de l’auteur en page couverture?
Trouve pas que ça fait égocentrique?
D’après moi ça relève plutôt d’une décision de l’éditeur que de l’auteur. Donc vendeur plutôt qu’égocentrique. C’est surtout valable pour les auteurs français qui sont des personnages médiatiques. Dans le cas de Justine Lévy, c’est une “fille de” donc elle attire forcément l’attention. D’autre part, Rien de grave a été présenté d’emblée comme une autofiction, d’où sans doute la volonté de mettre Justine Lévy en avant.
Concernant Amélie Nothomb dont parle Loïc, sa photo n’est pertinente que pour ses romans autobiographiques. Pour les autres livres, c’est vendeur. Tous les ans, elle vend des milliers de livres et tout le monde sait qui elle est.
Concernant le roman “rien de grave” de J.Levy, ça n’est valable que pour l’édition de poche et puis par ailleurs c’est cohérent avec le contenu du récit puisqu’elle parle d’elle et exclusivement d’elle.
Mais ça se justifie moins pour Nothomb.