La part de l’autre, Éric-Emmanuel Schmitt

22mar07

Voilà un exercice de style inhabituel sur un sujet sensible. L’idée derrière de La Part de l’Autre d’Éric-Emmanuel Schmitt est la question suivante : que se serait-il passé si Adolf Hitler avait été admis à l’École des Beaux-Arts de Vienne alors qu’il avait 19 ans ? A n’en pas douter la face du monde en aurait été bien changée.

Le roman commence le jour même où les résultats de l’examen des Beaux-Arts sont rendus publics. Dès lors on va suivre d’un côté Adolf H qui a été accepté et de l’autre Hitler qui a vu sa candidature refusée. La vie des deux hommes diverge rapidement. L’un poursuivra dans le domaine artistique alors que l’autre se lancera sur une voie bien connue de l’Histoire. Chacun vivra différemment la première guerre mondiale et le comportement vis-à-vis de leurs semblables sera radicalement différent.

Je m’attendais à une caricature de roman avec d’un côté le gentil et de l’autre le méchant. J’ai été en fait agréablement surpris par la manière de traiter le sujet. Les portraits de Hitler sont globalement assez nuancés. On peut juste regretter le fait que le bon Hitler s’en sort notamment grâce à une psychanalyse (menée par Freud lui-même !) qui le libère dans ses relations avec les femmes alors que le Hitler historique ne serait qu’un énorme frustré. Pour le coup j’ai trouvé ça caricatural. Mais à part ça, la lecture est plaisante : les amateurs d’histoire y trouveront leur compte, de même que ceux qui s’interrogent sur l’origine du mal. J’ai bien aimé aussi la géopolitique fiction proposée du côté du gentil Hitler avec une deuxième guerre mondiale qui n’a pas eu lieu. Éric-Emmanuel Schmitt a réussi à faire un bon livre avec un sujet qui au départ est loin d’être plaisant.

Ma note : 4/5

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7 Responses to “La part de l’autre, Éric-Emmanuel Schmitt”

  1. Salut !

    Moi, c’est grâce à ce livre que j’ai vraiment commencé à entrer dans l’univers d’EE Schmitt, et je n’en suis pas déçu.

    « La part de l’autre » reste un de mes meilleurs moments de lecture, j’en garde un excellent souvenir ! Même si tes critiques sont justes !

    A bientôt !

  2. 2 Phil

    @ hinachii : la part de l’autre est resté pour moi au bon moment de lecture mais depuis, je n’ai pas lu d’autres livres d’Éric Emmanuel Schmitt. Des conseils ?

  3. 3 reinedespommes

    Je n’ai jamais pu terminer ce livre tant il me mettait mal à l’aise de vouloir rendre « gentil » un être pareil ! Je n’ai absolument à aucun moment réussi à me détacher du vrai personnage.
    En revanche,
    Je vous conseille « L’évangile selon Pilate » (inattendu et plaisant à lire) et « Petits crimes conjugaux » (excellent, je doute que vous le quittiez avant de l’avoir terminé).
    Désolée d’avoir envahi votre blog soudainement mais je vous découvre seulement aujourd’hui.
    Je garde un oeil attentif sur vos prochains billets.
    J’ai passé un agréable moment avec vos récits.

  4. Reconnaître qu’un personnage aussi odieux fasse partie de l’Humanité en défrise encore beaucoup, c’est rassurant de se dire que les raisons d’un tel comportement sont complexes, inexplicables, sauf que malheureusement, il n’en faut pas beaucoup à certains pour devenir un hitler, je rappellerai juste que la cruauté portée à ce degré est bel et bien humaine, les animaux n’en étant pas capables.
    Et dans son roman, en forçant volontairement un peu le trait, Schmitt le résume très bien.

  5. Je viens de commencer à lire ce livre (page 90) et j’en apprécie la lecture dès la première page, pas du tout ennuyant! J’ai acheté ce livre pcq j’avais déjà lu plusieurs livres d’E-E Schmitt et qu’aucun ne m’avait déplu.

  6. J’ai adore ce livre, tellement interessant. J’y ai appris beaucoup de choses. J’ai trouve aussi tres interessant cette facon de raconter l’histoire. Finalement la vie fictive d’Hitler nous donne l’occasion de faire une pause avec le recit historique, de voir aussi comme la tendance s’inverse : on a tendance a trouver plus sympathique le vrai Hitler dans sa jeunesse que le fictif avant que le vrai prenne possession de toute sa personnalite et on change d’avis. Les cahiers d’ecriture de Schmitt m’ont aussi beaucoup plu. J’ai adore rentrer dans la vie d’un auteur qui ecrit sur un sujet si difficile, la facon dont il s’etait completement confondu dans le personnage et son soulagement lorsqu’il l’a tue. Je n’ai jusqu’a present malhereusement pas eu le meme engouement pour les autres livres que j’ai lu de lui.


  1. 1 Blog-O-Book » La part de l’autre

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