Comme chaque mois, voici un premier ouvrage de fiction d’un auteur québécois. La Recrue du Mois de juin s’appelle Natalie Jean.
Voilà un recueil de nouvelles que j’ai bien aimé. En onze tranches de vie, Natalie Jean propose un regard pertinent sur des moments clés dans la vie de ses personnages. Amour, vengeance, recherche de travail, jalousie, j’ai senti la volonté de transmettre un élan vers l’inconnu et vers l’affirmation de soi. Je qualifierais volontiers Je jette mes ongles par la fenêtre d’ouvrage printanier. En effet, on est face à une montée de sève chez des personnages pleins de vie qui sont sur le point d’entreprendre de nouveaux projets. C’est d’ailleurs au niveau des personnages que j’aurais un reproche à faire à Natalie Jean : j’ai les ai perçus comme étant proches les uns des autres. Ils manquent souvent de caractères distinctifs.

Mais Natalie Jean maîtrise à n’en pas douter le format de la nouvelle. J’ai sauté à pieds joints dans les récits. J’ai aimé le regard frais sur le monde qu’elle pose avec une attention particulière pour des détails du quotidien. Cela transparaît dans les descriptions, dans l’état d’esprit des personnages et dans les dialogues. Ça sonne juste et beau. Petit bémol tout de même, j’ai moins aimé les généralités sur l’inutilité de la guerre et sur le caractère hypocrite du monde des affaires. Il y avait quelque chose de convenu sans réelle valeur ajoutée. À noter que la ville de Québec constitue une très belle toile de fond pour la plupart des nouvelles de ce recueil.
C’est un livre qui fait du bien. Il n’est pas parfait mais il est solide.
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Le matou, Yves Beauchemin
Je continue ma découverte de la littérature québécoise avec ce qui est présenté comme un classique : Le Matou écrit par Yves Beauchemin. Il s’agit d’un livre qui a connu un succès international dans les années 80.

Florent Boissonneault vivote à Montréal dans un emploi qu’il n’aime pas. Un beau jour, il est contacté par un vieil homme mystérieux qui répond au nom d’Egon Ratablavasky. Celui-ci lui dit qu’il peut l’aider à acquérir le fameux restaurant la Binerie dans le quartier du Plateau-Mont Royal. Après quelques hésitations, Florent se lance dans cette aventure. Mais il s’avérera plus tard que les intentions de Ratablavasky sont loin d’être claires.
Le matou est un roman difficile à classer. Je le rapprocherais volontiers du conte. L’enchaînement des péripéties est haletant et donne envie d’en savoir plus. Difficile de lâcher le livre une fois qu’on est bien installé dans l’intrigue. Yves Beauchemin est très talentueux pour captiver le lecteur. L’ambiance du roman n’est pas spécialement joyeuse, c’est l’histoire d’un homme qui essaie de s’en sortir avec sa femme et ses amis malgré les embûches qu’il rencontre. Les moments de bonheur ne sont que fugaces entre les mauvais coups, la volonté de destruction et la mort. Mais comme dans tout conte qui se respecte, tout est bien qui finit bien. Les héros sont très attachants même s’ils ne sont pas toujours exemplaires. À noter tout de même que certains personnages sont proches de la caricature comme Picquot le volubile cuisinier français (une grande gueule) et Lipskin, le juif âpre au gain. Mais si on considère que Le Matou est un conte, les traits sont alors volontairement grossis.
On peut trouver une certaine valeur symbolique au roman. C’est la vie de Québécois francophones qui prennent en main leur destin, entre la misère sociale d’un quartier pauvre de Montréal et les ambitions d’un jeune homme qui rêve de richesse et de succès en affaires. Même si les héros finissent par triompher de leurs ennemis, la morale de l’histoire est en demi-teinte : pour réussir, il faut systématiquement emprunter des chemins peu recommandables et arnaquer son prochain. Voilà donc un conte bien ancré dans la réalité.
Une fois le livre refermé, je suis demeuré frustré par le fait qu’on ne sait pas vraiment qui est ce fameux Egon Ratablavasky et quelles sont ses motivations profondes. Le voile n’est jamais levé sur le mystère…
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Elle récidive. On reprend les ingrédients du premier livre et c’est reparti. Mère Indigne est toujours très en forme malgré une vie familiale trépidante qui la conduit à descendre des gin tonic plus que de raison.

Vous retrouverez donc avec plaisir peu ou prou la même galerie de personnages, à commencer par les 2 filles de Mère Indigne : Fille aînée et Bébé. Ce livre, comme le précédent, est une mine d’anti conseils pour les parents. Entre anecdotes cocasses et situations comiques, ce sont de véritables leçons de lâcher prise pour les parents qui sont données. Un petit guide parental fort utile.
Ce tome 2 des chroniques d’une mère indigne est toujours très drôle à lire, l’effet de surprise en moins. Pour le premier tome, ça faisait peu de temps que j’avais découvert le blogue de Mère Indigne. Tout était donc nouveau pour moi. Mais ce n’est plus le cas maintenant car j’avais déjà lu une bonne partie des textes sur le blogue. À noter que le ton du livre m’a paru un peu lassant par moment car j’ai enchaîné les chroniques les unes après les autres. Je ne suis pas sûr de me jeter sur le tome 3 si tome 3 il y a.
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Tags: blogue, caroline allard, les Chroniques d'une mère indigne, mère indigne, tome 2
Herzog, Saul Bellow
Je me suis plongé récemment dans la lecture d’un auteur que je ne connaissais pas, Saul Bellow. En fait, je me suis intéressé à lui suite à un commentaire sur internet où Saul Bellow était présenté comme un des grands de la littérature américaine contemporaine aux côtés de Don DeLillo et de Thomas Pynchon. La différence avec ces deux là est que Bellow est mort. Mais aussi qu’il a obtenu le prix Nobel de littérature (1976). Autre point original, Saul Bellow est américain mais il est né et a vécu à Montréal jusqu’à l’âge de 9 ans.

Herzog est livre publié en 1964. Il raconte l’histoire de Moses Herzog, un homme de 47 ans qui vient de se faire quitter par Madeleine, sa deuxième épouse, qui se met en ménage avec son amant, le meilleur ami de Herzog. Doublement trahi, Moses se retrouve dans un état dépressif. Toujours en déplacement, il va ressasser les souvenirs de son mariage, revenir sur les épisodes marquants de sa jeunesse et parler de son projet de livre qui n’a pas vu le jour. Il écrit des lettres qu’il n’enverra pas à ses proches, à des gens célèbres et même à des personnes décédées. Cette manie finira par avoir des vertus thérapeutiques puisque Moses Herzog retrouve une certaine sérénité à la fin du roman.
Herzog est le récit d’un homme en crise, en manque de repères qui va d’échec en échec. Il traverse une grande période de doute où les moments de joie ne durent pas. Il se dévalorise comme universitaire, comme père et comme homme. Il apprend à se reconstruire petit à petit. Curieusement, c’est un personnage pour qui je n’ai pas éprouvé de sympathie au départ car je le trouvais un peu geignard. Mais au fur et à mesure, je me suis attaché à lui. J’ai trouvé son cheminement intéressant.
Attention, ne lisez Herzog pas si vous aimez les livres d’action. C’est un voyage intérieur et certains passages sont d’ordre philosophique (qui écrit des lettres à Spinoza et à Nietzsche ?). C’est une réflexion sur le parcours d’un homme en quête d’identité après un divorce et sa séparation avec ses enfants. À bien des égards, les thèmes abordés dans Herzog sont toujours très pertinents.
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Ce qui s’endigue, Annie Cloutier
Dans Ce qui s’endigue, les destins de deux femmes se croisent. Anna et Angela sont nées le même jour aux Pays-Bas, chacune dans des conditions différentes : milieu social, cellule familiale et aisance matérielle. Leurs vies se déroulent sous nos yeux, de la naissance jusqu’au crépuscule de la vie. L’une est conformiste. Dès son plus jeune âge, elle s’efforce de respecter les conventions et les apparences. À l’inverse, l’autre est un concentré de colère qui bien que naturellement douée remet toujours en question l’ordre établi.

Le récit est chronologique et comporte quelques sauts dans le temps pour ne retenir que les moments clés de la vie d’Anna et Angela. Il est question de l’enfance et de l’adolescence. Viennent ensuite les premières amours et les études. Rarement synchronisée dans leurs vies, quasiment jamais en contact à l’âge adulte, Anna et Angela apprennent, se trompent et grandissent. Le livre aborde des thèmes qui font la vie d’une femme : l’amour, le mariage, le sexe, la maternité, la famille et la vie professionnelle. Mais il est surtout question tout au long du roman de la notion d’accomplissement. Comment être heureuse et se réaliser en tant qu’individu sans pour autant délaisser les obligations de mère et d’épouse ? Il n’y a pas de solution unique, c’est un cheminement personnel pour trouver ses propres réponses.
J’ai trouvé que le questionnement qui sous-tend Ce qui s’endigue est très actuel et je pense qu’il trouvera de nombreux échos auprès des femmes. Mais la lecture n’en est pas réservée aux femmes. J’ai aimé tourner les pages du livre les unes après les autres pour suivre le parcours de deux personnages principaux qui bien que de caractères différents ne sont pas complètement opposés et jamais caricaturaux. La narration est fluide, directe et sans concession. Pas de périphrase, Annie Cloutier nomme les choses, les plus agréables comme les plus douloureuses. C’est ce qui fait qu’en temps que lecteur, on vibre au diapason d’Anna et d’Angela. Bref, un premier roman brillant qui ne peut pas laisser insensible.
Quelques points m’ont tout de même agacé dans ce roman.
L’action se déroule aux Pays-Bas et en partie en Indonésie. L’auteur a choisi d’émailler son récit de mots néerlandais et indonésiens pour donner une couleur locale. Ça ne me pose pas vraiment problème car cela correspond à un choix artistique fondé. Mais le fait de devoir me reporter en fin d’ouvrage pour avoir la traduction de ces termes, surtout en début de livre, a conduit à une lecture fractionnée, peu propice à l’immersion dans le roman. Peut-être que des notes de bas de page auraient été plus indiquées pour éviter trop de manipulations. À noter tout de même qu’une des astérisques ne renvoie à rien et qu’une autre (trou de bateau) nécessitait un peu d’ingéniosité pour en trouver la définition.
De plus, plusieurs coquilles qui m’ont littéralement fait bondir. Il s’agit de fautes plutôt graves. Jugez-en : on découvrir un pluriel barbare page 93 (« genous »), on fait connaissance avec le verbe « ambeaumer » (p95) ou encore un accord sujet-verbe qui fout le camp, « ces échanges les coule » (p157). De plus, certains sauts de lignes n’apparaissent pas quand on change de personnage alors que c’est le cas la plupart du temps. Ça m’a donné l’impression que l’éditeur a un peu bâclé le travail de correction et la mise en page. C’est vraiment dommage de trouver de tels défauts dans un livre formidable par ailleurs.
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Pour les avis de mes collègues de la Recrue du mois, c’est par ici !
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Tags: Annie Cloutier, Ce qui s'endigue, Indonésie, la recrue du mois, Littérature québécoise, Pays-Bas
Americana, Don DeLillo
Après avoir lu Underworld et Falling Man, je me plonge dans l’œuvre de Don DeLillo à travers un recueil de ses romans publié chez Actes Sud dans la collection Thesaurus.
Paru en 1971, Americana est le premier roman de Don DeLillo. C’est pour le moment le plus étrange que j’ai lu. Et il me laisse sur ma faim.

Le narrateur du roman est David Bell. Il a 28 ans et travaille pour un grand réseau de télé new-yorkais. Nous passons un certain temps à le voir dans son quotidien au travail, entre des réunions non productives et ses manigances pour se faire bien voir et éviter les licenciements. Il est divorcé de sa femme qu’il voit encore et il mène une vie de célibataire charmeur à la vie sociale bien remplie. Alors qu’il part pour superviser un tournage en Arizona, il s’adjoint la compagnie quelques amis pour faire le trajet dans un minivan. En chemin, ils s’arrêtent dans une petite ville du MidWest où David Bell entreprend avec des acteurs amateurs le tournage d’un film à saveur autobiographique dans laquelle il fait part de ses opinions sur le monde moderne : la publicité, le cinéma, le microcosme branché new-yorkais, l’Amérique profonde, le consumérisme, la contre culture etc. Ce faisant Don DeLillo brosse avec Americana un portrait multifacette des États-Unis. Mais ce périple ne mènera David Bell nulle part. Il ne se rendra pas au tournage en Arizona et fera un détour par le Texas pour finalement revenir dans le giron newyorkais. Americana est l’histoire d’un homme malheureux et anxieux malgré le fait qu’il maîtrise très bien les codes de son milieu social. C’est aussi l’itinéraire d’un loser car il sera viré de son travail et son film ne verra pas vraiment le jour. Comme Don DeLillo le fait dire à David Bell, les gens aiment les histoires de perdants : “Les hommes aiment qu’on leur raconte la défaite, l’échec, l’effondrement, la perdition d’un autre ; cela les rend plus forts. Les femmes ont besoin d’entendre ces histoires d’âmes vaincues parce qu’elles y trouvent l’espoir de découvrir un être solide et malheureux en manque de maternage” (p 289).
Americana m’a laissé une impression étrange. J’y ai vu un collage de scènes et d’idées différentes mais sans forcément un lien ténu voire suggéré. Le roman comporte des moments intéressants de grande lucidité et d’autres moins marquants que j’ai plus ou moins survolés. C’est un récit à intensité variable, un roman à tiroirs avec de nombreuses digressions. Il n’y a pas le côté hypnotique de deux autres livres que j’ai lus de cet écrivain mais ça demeure un roman intéressant. C’est donc une petite déception que je pardonne à Don DeLillo. J’admets que mes attentes étaient élevées. Je vois Americana comme un galop d’essai, un prélude au grandiose Outremonde. Dans ce premier roman, le talent de Don DeLillo est déjà bien présent. Il met le doigt sur des moments fugaces, invite le lecteur dans le parcours onirique de ses personnages et dans leur quotidien bien ancré dans le réel. Il alterne la légèreté avec la profondeur. Et il laisse le lecteur un peu perdu une fois le livre refermé. Quel sens donner à tout ça ?
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Tags: Actes Sud, Americana, états-unis, David Bell, Don DeLillo, New-York, Thesaurus
Me voilà tagué par l’infâme Sbla’, lectrice à ses heures. Voilà ce que je réponds à ces questions indiscrètes.
- Plutôt corne ou marque-page ?
Marque-page sans hésitation. Corner ou écrire sur un livre est un sacrilège.
- As-tu déjà reçu un livre en cadeau ?
Oh que oui. Je suis catalogué lecteur et on m’en offre régulièrement pour mon plus grand plaisir.
- Lis-tu dans ton bain ?
Je suis plutôt douche que bain. Mais les rares fois où je prends un bain, ça ne me donne pas envie de prendre un livre et risquer de le mouiller et l’abimer.
- As-tu déjà pensé à écrire un livre ?
Pensé oui. Mais je n’ai rien entrepris de concret.
- Que penses-tu des séries de plusieurs tomes ?
Je n’en pense rien. Je prends les livres comme ils viennent.
- As-tu un livre culte ?
Non. Certains livres m’ont marqué plus que d’autres mais aucun où je me reconnaisse à 100%. Quelle serait votre définition d’un livre culte ?
- Aimes-tu relire ?
Je n’aime pas relire un livre déjà lu. Mais j’aime parfois relire un passage du livre que je suis en train de lire.
- Rencontrer ou ne pas rencontrer les auteurs de livres qu’on a aimé ?
Je n’en ai jamais rencontré. Et pour tout vous dire, ça ne me tente pas plus que ça. Je ne me sens pas groupie. Je me dis qu’ils expriment les choses imp0rtantes dans leurs livres. C’est aussi pour ça que les émissions de télé où sont invités des écrivains ne me passionnent pas.
À la réflexion, j’aimerais rencontrer certains auteurs morts (Zola et Balzac me viennent à l’esprit) pour discuter avec eux. Mais eux, je ne suis pas pressé de les rencontrer
- Aimes-tu parler de tes lectures ?
Pas de manière ostentatoire. J’en parle quand on me pose des questions ou quand la conversation me fait penser à une lecture récente. Je ne suis pas la personne qui vous dira : « Je viens de lire un livre absolument génial, il faut que tu le lises. »
- Comment choisis-tu tes livres ?
À une époque, je m’en remettais au hasard. Mais depuis quelques temps, je me fais plus sélectif.
- Une lecture inavouable ?
Aucune. Peut-être Léviathan de Thomas Hobbes. Pas vraiment un livre à la mode. Les livres de philosophie politique m’intéressent.
- Des endroits préférés pour lire ?
Le lit, la table de la cuisine ou les toilettes (désolé pour ces auteurs qui me lisent peut-être).
- Un livre idéal pour toi serait ?
Un livre qui me surprenne et/ou qui me fasse progresser du point de vue intellectuel.
- Lire par-dessus l’épaule ?
Jamais, ce n’est pas très confortable.
- Télé, jeux vidéos ou livre ?
Les trois mon capitaine ! J’adore les jeux vidéos mais le temps me manque pour me lancer dans des heures de jeu (sauf à passer pour un père indigne). J’ai nettement diminué ma consommation de télé au cours des dernières années. Quant à la lecture, c’est un loisir qui me permet un grande flexibilité : je choisis les horaires, je peux m’interrompre relativement facilement et il n’y a pas de pub entre 2 chapitres !
- Lire et manger ?
Un magazine ou un journal oui. Mais un roman c’est plus difficile.
- Lecture en musique, en silence, peu importe ?
Je préfère en silence même si j’arrive bien à m’isoler des bruits ambiants. Je suis dans ma bulle quand je lis. Remarquez, je ne suis pas contrariant : quand on me parle et que je lis, je réponds oui.
- Lire un livre électronique ?
Quand je lis ce qu’en raconte Caro[line], trois fois oui !
- Le livre vous tombe des mains : aller jusqu’au bout ou pas ?
Non. J’ai le droit de ne pas aimer un livre et d’arrêter la lecture. Ça s’est produit à plusieurs reprises récemment (ici et ici).
Cette tague a déjà bien fait le tour de la blogosphère. Plutôt que de la passer à quelqu’un, je vous invite à lire les réponses de Chantal Guy, de Patricia Tessier, de Patrick Dion et du journal à quatre mains.
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Tags: Balzac, Léviathan, marque-page, philosophie politique, Thomas Hobbes, Zola
Jusque récemment Patrice Martin était pour moi un champion français de ski nautique. Son homonyme est un conseiller municipal de la ville de Gatineau qui vient de publier son premier roman.
Difficile de résumer ce roman étant donné ses multiples facettes et ses histoires à étage. Tout commence avec un individu nommé P. qui se voit confier par son patron la mission d’aller récupérer le chapeau de Franz Kafka qu’il a acquis récemment. P. entre dans un édifice new-yorkais et bien que la mission soit simple en apparence, une série d’événements vont la transformer en mission impossible.
Avec le chapeau de Kafka, Patrice Martin signe un premier roman drôlement bien ficelé et joue avec le lecteur au moyen de raisonnements absurdes, de mises en abyme multiples et d’effets de miroir. La lecture du livre a été agréable. Je me suis plu à suivre le périple de P. et à décrypter les différentes histoires imbriquées les unes dans les autres. Voilà un livre déstabilisant qui stimulera l’esprit du lecteur.
Mais je me demande aussi si je ne suis pas passé à côté de certaines références littéraires. L’auteur rend avec ce livre un hommage assumé à ses écrivains préférés. Je connais un peu Auster (lire ici et là) et j’ai lu Kafka il y a très longtemps. J’ai bien reconnu les passages où Patrice Martin fait référence à ces auteurs. Mais Borges et Calvino me sont complètement inconnus. Il n’est certes pas nécessaire de tout connaître des auteurs à qui Patrice Martin rend hommage pour prendre du plaisir à la lecture du chapeau de Kafka. Mais je pense qu’il est préférable d’être un minimum familier avec ces écrivains pour apprécier pleinement le livre. Patrice Martin réussit donc la prouesse d’écrire un livre qui s’adresse aux lecteurs non spécialistes comme à ceux qui ont une culture littéraire plus poussée.
Entre exercice littéraire et OLNI (objet littéraire non identifié), le chapeau de Kafka plaira aux lecteurs qui veulent sortir de l’ordinaire. Et il m’a donné envie de lire ces auteurs que je ne connais pas encore.
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N’oubliez pas d’aller lire les avis de mes collègues de le recrue du mois.
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